Art thérapie

L'art thérapie ne s'intéresse pas simplement au Moi comme le fait la psychothérapie. Il s'agit de faire émerger de l'altérité chez le patient. Celle-ci est l'objet de ce qui ne peut pas se dire. En effet, les mots ne suffisent pas toujours à exprimer ce que nous pensons, ce que nous ressentons, ce que nous vivons.

Les effets thérapeutiques résident principalement dans le processus de création, nul besoin d’avoir des compétences techniques, ce n’est pas le résultat qui nous intéresse (bien qu’il soit valorisable dans un second temps). La médiation artistique est un support, un prétexte à l’expression et peut-être à la verbalisation.

La pratique artistique dans un cadre sécurisant et contenant vient interroger notre rapport à nous même, à l’autre, au monde. Le regard bienveillant de l’art thérapeute et du groupe, permettra à la personne de travailler l’estime de soi, l’image du corps et de se sentir valorisée à travers sa pratique, ses propositions artistiques ou ses créations.

L’objectif principal est de (re)trouver du plaisir à faire, à imaginer, fabriquer : du plaisir à jouer. Le désir peut vite devenir quelque chose qui manque à la personne accompagnée en institution, il va s’agir pour moi de l’impulser à travers la médiation artistique. En d'autres termes, la création d'un espace de jeu donnera la possibilité à la personne de rejouer, sur une autre scène, ses problématiques rencontrées dans son quotidien ou celles plus profondes, et peut-être en prendre conscience.

Je n’ai pas la prétention d’interpréter les productions des participants. C’est l’émergence des mots que la personne mettra sur son expérience qui est thérapeutique. Cette parole spontanée, accueillie par le thérapeute l’aidera à mieux appréhender ce qu’il vit.

Pour qui ?

Toute personne soucieuse de s’exprimer avec ou sans mots. Les ateliers sont proposés à des groupes, une consultation individuelle peut être envisagée si besoin d’étayage après la séance.

Interventions possibles en école, lycée, centre socioculturel, service de pédopsychiatrie, Institut Médico-Éducatif, Foyer Éducatif, Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique, Établissement et Service d'Aide par le Travail, Clinique Psychiatrique, Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale et Maison de Retraite.

« L’œuvre est chemin »
Paul Klee

Qui suis je ?

  • 2013 - Diplôme d'État d'Éducateur Spécialisé
  • 2009 - Diplôme Universitaire en art thérapie
  • 2006 - Licence de philosophie

Après une formation en théâtre au conservatoire à Paris, je me suis dirigée vers le mime corporel: le geste comme langage. Puis, je me suis intéressée à la marionnette.

Tout au long de mon parcours professionnel, j’avais le souci d’avoir une pratique artistique en parallèle (théâtre d‘improvisation, chant, cirque). Je travaillais dans l’animation socioculturelle et étudiais les sciences humaines. Dans mon cheminement personnel et professionnel, tout m’amenait à allier l’art au social. En 2009, j’obtiens le Diplôme Universitaire en «Art en Thérapie: Responsable d’Atelier psychoéducatif à médiation artistique, spécialisation «arts de la scène» à René Descartes (Université de Médecine, Paris 5). J’interviens alors dans différentes structures (cliniques, maisons de retraite, Groupe d’Entraide Mutuelle, Institut Médico-Éducatifs...)

Soucieuse de me professionnaliser dans l’accompagnement social et médico-social, je me forme à l’Éducation Spécialisée et obtiens le Diplôme d’État en 2013 à Nantes. J’exerce alors en tant qu’Éducatrice Spécialisée, notamment dans la protection de l’enfance, en foyer éducatif et en psychiatrie. Le travail auprès de publics diversifiés me permet aujourd’hui de situer mes interventions au plus près des besoins et des demandes et d’adapter la médiation artistique aux problématiques rencontrées.

Ma rencontre avec la marionnette

J'ai commencé par animer un atelier marionnettes dans une école, c’est alors que j’ai interrogé les effets thérapeutiques de cette médiation. La marionnette m'apparaissait comme une stratégie de détour, lieu de projection de notre imaginaire, révélateur de notre monde intérieur. En 2007, je mets en place un atelier marionnettes auprès de personnes souffrant de psychose en clinique psychiatrique. Cette expérience fût l’objet de mon sujet de mémoire en 2009, « la marionnette comme autre soi », publié chez Marionnettes et Thérapie (association nantaise).

Pour les curieux: Mémoire art thérapie

Ma rencontre avec l’improvisation

J’ai commencé à pratiquer le théâtre classique dès l’âge de 8 ans. Après l’obtention d’un Baccalauréat Littéraire option théâtre, j’intègre le conservatoire du 20ème arrondissement, en poursuivant des études de philosophie. Il m’a semblé que le texte imposé venait conditionner le geste. Je me dirige ensuite vers le mime corporel, puis le théâtre d’improvisation où la parole spontanée du personnage émerge en fonction des situations. Le langage est aussi non verbal, la communication se fait surtout par les regards, les gestes, les attitudes et les intentions.

En 2009, après mes études en Art Thérapie, je m’installe à Nantes, j’intègre rapidement la compagnie Azimut, compagnie de théâtre d’improvisation. Je participe à des représentations scéniques pendant trois ans avec elle. La compagnie m’embauche ensuite pour intervenir dans des écoles primaires et auprès d’adolescents pour animer des ateliers d’improvisation.

Ateliers

Ateliers marionnettes

Ma démarche d’atelier est de proposer la fabrication d’une marionnette à chaque participant. Fabriquer une marionnette nous amène consciemment ou pas à nous interroger sur notre image du corps et sur nos représentations tenant lieu de réalité humaine.

Concernant l’aménagement et notre posture professionnelle, il me semble pertinent de mettre à disposition des participants du matériel (papier, colle, peinture, laine, accessoires…) et laisser le champ libre à l’imagination et aux initiatives de chacun. Il s’agit d’adopter une position basse qui permette la libre expression de chacun, de les valoriser et les responsabiliser vis-à-vis du groupe dans ce qu’ils savent faire, d’accompagner les demandes, de repérer les difficultés. La fabrication part des compétences et des envies du participant et non de l’intervenant, son rôle étant plutôt de conseiller, aider, encourager, valoriser. Dans un second temps de l’atelier, je demanderai à chacun d’écrire la carte d’identité de sa marionnette.

Donner vie à sa créature

Cela consiste à créer de l’ailleurs, de l’altérité. Je leur demande de nommer leur marionnette, d’inventer un nom différent du leur, s’il s’agit d’un enfant, d’un adulte, s’il (elle) a un métier, des frères et sœurs…

Quelques exemples de marionnettes réalisées à la clinique de La Borde :

Ernest, Halo, Harold, Lin, Marianne la déjantée, Nomo, Petrouchka, Philomène, Toto la frite, Zigotto le rigolo.

Aucune marionnette ne peut réellement exister si elle n’a pas été nommée. Il est important de conserver ce nom pendant toute la durée de l’atelier. L’identification ou encore la « carte d’identité » de la marionnette, fait entrer cet objet dans un cadre qui se veut symbolique et obéit à certaines règles (le cadre de l’atelier, à l’intérieur d’un cadre institutionnel) . La marionnette ne saurait être anonyme, sinon, elle resterait un simple objet. Le dialogue s'élabore dans un premier temps entre le créateur et sa créature.

L’idée serait ensuite de leur proposer de créer du lien entre les personnages et préparer un support de retransmission (spectacle, BD, expo…).

Les objectifs se situent à plusieurs niveaux : éducatifs, pédagogiques, et psychomoteurs et thérapeutiques.

La finalité de l’atelier n’est pas la représentation scénique mais plutôt le processus de fabrication : tout se qui se joue pendant l’atelier. En effet, les interactions entre les participants (effet de groupe, entraide, discussions…), la relation de la personne à sa marionnette et à celle des autres, les projections identificatoires (élaboration autour des cartes d’identité), constituent, selon moi des moments clefs.

Fabriquer une marionnette permet de travailler la précision (la personne va en effet travailler la sculpture avec du papier mâché, la peinture et certains s’essayeront à la couture). Plus la créature prendra forme, plus l’imaginaire sera sollicité.

La dynamique de groupe, impulsée par l'intervenante lui permettra de se sentir en sécurité pour créer librement et être valorisé à travers sa création.

La marionnette apparaît comme un médium, qui instaure du tiers dans la relation entre l'art thérapeute et le patient. Elle tient lieu de passeur, de médiateur entre le dire et le dit, entre le désir et l'acte. Elle se présente alors comme une stratégie de détour qui permet au participant, pour qui la communication ne « va pas de soi », de s'exprimer.

Le matériel est fourni par l’intervenante.

Ateliers de théâtre d’improvisation

L’improvisation théâtrale est une forme de théâtre spontané, sans texte ni mise en scène. J’entends "théâtre" au sens large, il s'agit pour moi d'explorer la voix, le corps, le rapport à l'espace, à l'autre, au groupe, mais aussi de voyager dans l'art du mime, de la danse...

L'atelier se déroule, généralement en trois temps: un temps d'échauffement et d'exercices ludiques, un second temps est consacré aux jeux d’improvisation. Enfin le troisième temps peut être dédié au projet mis en place avec les participants s’ils sont désireux d’en monter un (pièce de théâtre, spectacle). L'atelier se termine sur un temps agréable qui permet au participant de sortir symboliquement du jeu.

Le théâtre d’improvisation n’est pas qu’un jeu, au contraire, il peut devenir un outil pour travailler la timidité et prendre position dans des situations de la vie quotidienne.

Re-trouver du plaisir à vivre le quotidien

Tout d’abord, il s’agit de jouer, de s’amuser, de trouver du plaisir à imaginer des personnages et des situations. L’improvisation vise à favoriser l’expression individuelle au sein d’un groupe, elle développe l’inventivité et permet une meilleure utilisation et appropriation des contextes et des espaces. Improviser un personnage qui intervient dans une situation, c’est d’abord se référer à nos codes culturels, nos habitudes, notre éducation. La pratique du théâtre d’improvisation peut aider la personne accompagnée en institution à se distancier de son rapport aux autres, de ses réactions spontanées face aux imprévus, d’analyser son appréhension du monde qui l’entoure. Rejouer sur une scène théâtrale ce que nous vivons dans le quotidien peut aider à adopter une position réflexive sur nous même.

Par ailleurs, la pratique de l’improvisation nous aide à travailler la diction, la prise de parole, la gestuelle, l’observation active, le rapport à l’espace et au groupe.

Le dispositif de l’atelier comporte des règles et des contraintes à l’intérieur desquels nous allons interagir, mais toujours dans un cadre bienveillant. Les nombreux jeux d’improvisation sont pensés de manière à ne jamais mettre en danger une personne sur scène qui s’y sent mal à l’aise.

Ateliers théâtre forum

Le théâtre forum est une pratique en collectif autour d’une problématique donnée. Il s’agit de réfléchir ensemble, à partir de situations vécues par les participants et présentées sous formes de scénettes.

La démarche n’est pas de lancer un débat (car souvent ce sont des situations polémiques) mais plutôt d’élaborer des hypothèses, de proposer sur scène, une autre manière de faire, d’appréhender un problème par le jeu.

Le théâtre forum permet de se distancier de ce qui nous concerne, de susciter l’expression et la confrontation des points de vue de chacun, d’élaborer collectivement des plans d’action.

Cette pratique nous aide à comprendre et évoluer dans nos comportements.

Tous sujet peut être travaillé à partir du moment où il constitue un problème pour plusieurs personnes (10 participants minimum). Le théâtre forum peut être intéressant dans le cadre d’analyse de pratiques au sein d’une équipe de travail.

Il peut aussi se révéler être un très bon outil avec des jeunes dans un quartier où des problématiques sont rencontrées (conflits parents/enfants, générationnels, errance, échec scolaire, délinquance…).

Le théâtre forum peut aussi être pratiqué avec des usagers et/ou membres du personnel au sein d’institutions (Hôpitaux psychiatriques, hôpitaux de jours, écoles, IME, ESAT…).

L’intervention peut être ponctuelle, dans le cadre d’un événement par exemple, ou régulière, en fonction de vos besoins.

En partenariat avec l’association nazairienne les Pieds dans le PAF, spécialisée dans l’éducation aux médias (www.piedsdanslepaf.org) nous vous proposons d’intervenir auprès de parents et/ou d’adolescents autour de la question des écrans. Il s’agit de réfléchir à la place qu’ils prennent et aux problématiques que les écrans soulèvent dans le quotidien (addiction, rupture de lien parents/enfants, troubles du sommeil, désocialisation...)

L’atelier se déroule en trois temps :

  • Un premier temps d’échange entre les participants en petits groupes sur leur vécu respectif, relatif à la problématique abordée : Ils choisissent ensemble la situation la plus parlante qu’ils vont ensuite restituer sur le plateau. Ainsi ils élaborent leur problématique et l’énoncent au public « Comment Faire Pour... »
  • Un temps de jeu (ce n’est évidemment pas le jeu d’acteur sur lequel nous allons nous concentrer mais bien la façon dont on aborde le problème et les dynamiques dans lesquelles sont les personnages).
  • Un court temps d’interaction avec le public lors duquel l’intervenante va solliciter une personne courageuse qui acceptera de venir sur scène proposer une autre manière de jouer un des personnages.
    Ainsi commence l’élaboration collective d’hypothèses.

Plus que de trouver une solution (à ce propos, il y a rarement UNE solution), il s’agit de réfléchir collectivement au « comment on aurait pu faire autrement ». En d’autres termes, la démarche du théâtre forum est d’accompagner les personnes à se distancier et repartir avec de nouveaux outils pour appréhender ces situations problématiques dans le réel.

« La vie ce n'est pas attendre que l'orage passe mais apprendre à danser sous la pluie ».
Sénèque

Contact

06 61 23 59 41

myriamboubli@gmail.com

Séance en groupe.
Tarif en fonction du nombre de participants et de la régularité des ateliers.